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La crise que connait l'Europe depuis plusieurs mois est le résultat d'un défaut de gouvernance. Les résultats des sommets, à deux, à cinq, à dix sept ou à vingt sept, sont toujours, quelques jours après, voire le jour qui suit, démentis ou remis en cause par les marchés. Cette situation induit une réelle crise de confiance de la part des populations qui composent l'Union européenne. Le dernier exemple de la gestion de la dette grècque en est une caricature. Les valses hésitations de ces deux derniers jours sont une véritable insulte à la vie démocratique et en menace ses fondements.
Accuser les marchés est trop facile. Ils sont bien dans leur rôle de "gérer" les trésoreries disponibles des acteurs économiques au sens large. C'est le défaut de "visibilité" sur l"avenir qui impacte leur comportement, devenu aujourd'hui complètement erratique, et pour cause! Il n'empêche que cela affecte l'économie réelle et la vie des citoyens européens.
Les politiques sont en train de perdre toute crédibilité. Pourquoi ?
Ni les dirigeants européens, ni le parlement européen ne proposent de vision, de stratégie et de projets "communautaires" de construction d'un avenir lisible, compréhensif et mobilisateur. Chacun défend ses positions, individuellement ou par groupe d'intérêts, et ajuste son attitude en fonction de périodes électorales qui compliquent le jeu ! Le duo franco-allemand joue le pompier de service, sans pour autant créer une mobilisation de tous sur un projet mobilisateur.
C'est tout le contraire d'une gouvernance des clusters qui se nourrit d'une vision stratégique "alimentant" des projets collaboratifs pour asseoir le développement de la compétitivité de leurs membres sur la durée. Leurs succès sont avérés dès l'instant où tous ces ingrédients sont réunis et mobilisés par des acteurs solidaires.
Rien de tout cela dans le Cluster Europe, ou si peu ! Les aides ou procédures européennes mises en oeuvre par la Commission, au profit de projets différents et divers, souvent verticaux, voire corporatistes, ne fondent pas une vision, ni une stratégie opposables aux autres pays de la planète. La défense de l'euro, nécessaire, et des acteurs financiers, pas n'importe comment, n'est pas pour autant plus mobilisatrice.
Il faut donc une vision pour nous mobiliser. Qui prendra l'initiative? D'où viendra t'elle? Il est urgent d'agir car tout cela entraine une réelle paupérisation des populations et une perte de confiance en l'avenir.
Le fait de poser la question montre à l'évidence qu'aucun signe avant coureur ne s'est encore manifesté, à l'exception de celui de voir chacun d'entre nous être de plus en plus "indigné". Avant la révolte ? On peut le craindre. Avant la mobilisation de chacun pour vivre autrement et solidairement ce changement du monde ? Il faut l'espérer. La dynamique des écosystèmes des clusters en Europe est un bon exemple de ce que nous pouvons faire pour nous engager encore dans la construction d'un avenir mobilisateur. Il faut y croire.