« Procréacteurs » : association de 3 mots qui définissent l’attitude et le comportement d’une personne qui participe à une démarche en réseau de type cluster, débouchant sur l’émergence de projets collaboratifs qui induisent à terme, par leur succès, un réseau communautaire. C’est l’association de proactivité, créativité et action qui se déclinent en proactif, créatif et acteur.
C’est le titre d’un remarquable article publié dans Les Echos du 13 juillet par Philippe Escande, alimenté par sa lecture du livre non moins remarquable des économistes Jean-Hervé Lorenzi et Alain Villemeur, « l’Innovation au cœur de la croissance ».
Convaincu que c’est bien la clé de notre dynamique humaine et sociétale, c’est le fondement de notre engagement au sein du Cluster WEST, nous en reprenons les principaux éléments d’analyse originaux qui l’illustrent et en justifient la pertinence et le bien fondé !
La mondialisation et l’évolution rapide et constante des technologies de l’information ont modifié le modèle économique passé qui s’appuyait sur un endettement, pour alimenter artificiellement la croissance continue, surtout depuis les années 2000.
Aujourd’hui une nouvelle norme émerge avec de nouveaux besoins, plus qualitatifs, plus en phase avec les préoccupations planétaires : énergie et matières premières, écologie et bien-être, climat, démographie et alimentation, vieillissement……
Or l’histoire nous enseigne que ces normes de consommation future ne naissent pas des innovations mais souvent les précèdent. Au cœur des grandes crises économiques il y a toujours un couple infernal, celui formé par l’innovation, entendue comme une invention, qui trouve son marché, et son double, la consommation ! C’est donc maintenant que se jouent les 20 prochaines années et qu’il faut mettre en place des structures et des moyens pour favoriser et accélérer l’émergence de ces nouvelles innovations répondant à ces nouveaux besoins.
Cela passe par les plans de relance, certes, mais aussi et surtout par la mise en place de « systèmes d’innovation ». Dans ce domaine, le modèle le plus abouti est et reste américain, qui a su créer un écosystème très fertile mêlant intelligemment (naturellement, car privilégiant l’accompagnement du bottom-up), aides directes publiques et initiative privée.
La Silicon Valley en fait à nouveau la preuve. Alors que l'économie mondiale est en crise, que la Californie est en faillite, le dynamisme et le bouillonnement de la Silicon Valley restent plus que jamais intacts. Pas la moindre trace de morosité dans cette vallée qui s'étend sur 80 km du sud de San Francisco à Cupertino, fief d'Apple, grâce notamment au développement des réseaux sociaux qui suscite la création de multiples start-up dans le domaine. Les réseaux sociaux ont pris une telle place qu'ils dépassent désormais l'e-mail. Aujourd’hui on « twitte » monsieur !
«Il n'y a jamais eu autant d'idées décoiffantes. Et il y a des raisons d'être optimiste. D'une part, le plan de relance d'Obama accorde 7 milliards pour les infrastructures télécoms ; d'autre part, avec les réseaux qui sont beaucoup plus efficaces, il est plus facile d'organiser une activité aujourd'hui que lors de la crise des années 2000», explique Georges Nahon, patron de l'Orange Labs de San Francisco. Stay hungry, stay foolish («Restez affamés, restez fous»), disait récemment Steve Jobs à un parterre d'étudiants dans la Silicon Valley. Message reçu cinq sur cinq en dépit de la crise. (cf. Le Figaro)
En France les choses sont moins aisées. L’innovation décentralisée, l’écosystème harmonieux, les PME et TPE dynamiques restent encore l’exception. D’un côté, le raisonnement vertical de l’Etat, sa vision et sa culture top-down réduisent les passerelles entre les métiers. De l’autre, l’approche territoriale des collectivités « territoriales », en dépit de certains efforts, décourage ou rend difficile la mobilité et la mise en réseau des acteurs sur un projet, lequel par nature ne peut se limiter à des limites territoriales administratives, ou y être mis pour des raisons de procédures administratives !
Au sein du Cluster West nous faisons avec, convaincus que nous sommes, de la pertinence de notre démarche. Elle nous a permis, après cinq ans, de faire émerger plusieurs projets « Made in WEST® », répondant aux nouveaux besoins que nous avons su et pu faire exprimer collectivement.
Il n’y a pas de meilleur encouragement à nous retrouver après ces « respirations estivales » bien méritées, pour continuer dans la voie choisie et recueillir les fruits de nos efforts.
Nous nous inscrivons, en effet, dans les grandes lignes de force du monde qui se construit. C’est pourquoi nous avons candidaté, en juillet, à l’appel à projet sur les réseaux sociaux, en déposant notre projet collectif « WEST Communities® ».